L’essentiel
Mis à jour le
- Selon le guide du candidat 2026 du ministère de l'Éducation nationale, le contrôle continu compte pour 25 % de la moyenne du bac marocain, l'examen régional pour 25 % et l'examen national pour 50 %.
- Au Maroc, le contrôle continu réunit des épreuves passées tout au long de la 2e année du bac, dans toutes les matières de la filière (guide du candidat 2026).
- Au bac général français, le contrôle continu pèse 40 % : les résultats de 1re et de terminale dans les enseignements communs et la spécialité abandonnée (arrêté du 16 juillet 2018 modifié).
- Selon le cadre d'usage du ministère français (juin 2025), un devoir fait avec une IA générative sans autorisation ni travail personnel d'appropriation est une fraude.
Sommaire (6 parties)
Un dimanche soir d’octobre, à Marrakech. Meryem regarde la note que son fils Zakaria, 17 ans, en 2e année du bac sciences physiques, a obtenue au premier contrôle de physique du semestre : 8 sur 20. Dix jours plus tôt, son devoir maison sur le même chapitre lui avait valu 18 : une copie propre, des schémas nets, pas une erreur d’unité. Meryem ne comprend pas. Zakaria non plus, ou il fait semblant. Vous reconnaissez la scène ?
Ce décalage a souvent des causes ordinaires : un chapitre mal compris, le stress, une aide trop présente. Depuis que les assistants d’IA rédigent une copie entière en un instant, il en a une de plus. Pour comprendre ce qui se joue, il faut d’abord savoir ce que pèse le contrôle continu au bac, dans le système marocain comme dans le système français, et ce qui le compose.
Que pèse le contrôle continu au bac, au Maroc et en France ?
Selon le guide du candidat 2026 du ministère de l’Éducation nationale, le contrôle continu pèse 25 % de la moyenne du bac marocain, contre 50 % pour l’examen national.
L’examen régional, passé en fin de 1re année du bac, compte pour les 25 % restants. Le calcul est le même pour tous les candidats scolarisés : la moyenne de l’examen national comptée deux fois, plus celle du régional, plus celle du contrôle continu, le tout divisé par quatre. On est reçu avec au moins 10 sur 20, sans note éliminatoire. Le détail, matière par matière, se trouve dans notre article sur l’examen national et l’examen régional du bac.
Le guide décrit le contrôle continu comme des épreuves organisées tout au long de l’année pour les élèves du public et du privé, dans toutes les matières de la filière en 2e année du bac. Il pèse aussi avant la dernière année : en 1re année, c’est sur les seuls résultats du contrôle continu que le conseil de classe décide du passage en 2e année, l’examen régional n’entrant pas dans cette décision.
Dans le système français, la part est plus lourde. L’arrêté du 16 juillet 2018 modifié, qui organise le bac général, affecte un coefficient 40, sur un total de 100, à l’évaluation des résultats de l’élève en 1re et en terminale : histoire-géographie, langues vivantes A et B, enseignement scientifique, éducation physique et sportive, enseignement moral et civique, et la spécialité abandonnée en fin de 1re. Les 60 % restants vont aux épreuves finales, épreuves anticipées comprises : le français et, à partir de la session 2027, les mathématiques. L’AEFE retient la même répartition pour le réseau français à l’étranger (AEFE, « Examens et diplômes ») ; notre guide du bac français à Marrakech détaille le reste.
Dans les deux systèmes, le contrôle continu n’est donc pas un bonus : c’est une part de la note qui se construit semaine après semaine, et qu’on ne rattrape pas en juin.
Pourquoi l’IA pèse surtout sur le travail fait à la maison
Au bac, l’essentiel de la note se gagne sans écran. Au Maroc, l’examen régional et l’examen national, soit les trois quarts de la moyenne, se passent en salle d’examen. Le guide du candidat 2026 y interdit tout téléphone et tout appareil électronique ; leur simple possession est traitée comme une fraude, au sens de la loi n° 02.13 relative à la répression de la fraude aux examens scolaires. Le quart restant, le contrôle continu, se joue sur des épreuves que l’élève passe lui-même.
Dans le système français, les moyennes du contrôle continu reposent sur les évaluations que les professeurs organisent pendant l’année. Le cadre d’usage de l’IA publié par le ministère français en juin 2025 leur demande d’y mettre en avant le raisonnement et la résolution de problèmes : autrement dit, ce que l’élève sait faire, pas ce qu’il sait rendre.
Le devoir maison occupe une autre place. Quelle que soit la note qu’il reçoit, il sert d’abord d’entraînement aux épreuves. C’est là que l’IA change la donne. À la maison, rien n’empêche un assistant d’écrire le devoir à la place de l’élève. En classe et à l’examen, l’élève est seul avec sa copie.
Un devoir parfait rédigé par une IA n’est donc pas seulement une triche. C’est un entraînement manqué. La note monte à la maison, la compétence ne suit pas, et l’écart apparaît le jour où l’outil n’est plus là : au contrôle suivant, puis à l’examen.
L’usage n’a rien de marginal. En France, un sondage mené auprès de lycéens de Nouvelle-Aquitaine, cité par le Sénat en octobre 2024, indiquait que plus de 90 % des élèves de seconde avaient déjà utilisé l’IA pour s’aider à faire leurs devoirs (rapport d’information « IA et éducation »). Ce chiffre ne dit pas comment ils s’en servaient ; c’est justement toute la question.
Le signal : un devoir parfait, puis un contrôle raté
Le signal n’est pas le devoir parfait. Certains élèves rendent d’excellents devoirs, et réussissent aussi leurs contrôles. Le signal, c’est l’écart : une copie impeccable à la maison, puis une note basse en classe sur le même chapitre, au moment où l’élève doit refaire seul ce qu’il semblait maîtriser.
D’autres indices peuvent l’accompagner. Votre enfant ne sait pas expliquer, avec ses mots, une phrase de son propre devoir. Il n’a ni brouillon ni étape intermédiaire. Le devoir a été bouclé en un temps très court pour sa longueur. Aucun de ces indices ne prouve rien à lui seul.
Le ministère français met lui-même en garde contre les fausses certitudes : son cadre d’usage demande aux enseignants de ne pas se fier aux outils de détection automatique des textes produits par une IA, peu fiables et susceptibles de pénaliser à tort. Un parent n’a pas à jouer les détectives. L’écart entre deux notes a souvent d’autres causes : un chapitre mal compris, le stress du contrôle, une aide trop présente, celle d’un camarade, d’un aîné ou d’un corrigé trouvé en ligne.
Le test utile ne cherche pas de coupable. Demandez à votre enfant de refaire, seul et sans notes, un exercice de son devoir maison, puis de vous l’expliquer. S’il y arrive, tant mieux : le devoir l’a entraîné. S’il n’y arrive pas, le devoir ne l’a pas préparé, quelle que soit l’aide reçue, et c’est cela qu’il faut traiter avant le prochain contrôle.
Pour repérer l’écart à temps, suivez les notes des contrôles, pas seulement celles des devoirs. Dans le système marocain, elles s’affichent dans l’espace parent de Massar au fil de leur saisie : nous expliquons comment consulter les notes de son enfant sur Massar. Une mauvaise note vue en novembre se travaille en novembre, pas à la fin du semestre.
Où passe la ligne entre s’aider de l’IA et tricher ?
Selon le ministère français de l’Éducation nationale, faire tout ou partie d’un devoir avec une IA générative, sans autorisation ni travail personnel d’appropriation, constitue une fraude.
La définition figure dans le cadre d’usage de l’IA en éducation, publié en juin 2025. Elle tient en deux conditions réunies : l’enseignant n’a pas autorisé l’usage de l’IA, et l’élève n’a pas retravaillé lui-même ce que l’outil a produit. Elle vaut pour les établissements qui suivent le programme français. Dans le système marocain, la loi n° 02.13 vise la fraude aux examens ; pour les devoirs faits à la maison, la règle d’usage de l’IA se demande au professeur.
Concrètement, la ligne passe entre ce qui fait travailler l’élève et ce qui travaille à sa place. Se faire réexpliquer une notion mal comprise en classe, se faire interroger sur un chapitre avant un contrôle, faire relire une démarche qu’il a déjà menée seul : c’est apprendre, si le professeur l’accepte. Faire rédiger le devoir, faire résoudre l’exercice, recopier une réponse : c’est faire faire, et c’est précisément ce qui manquera le jour du contrôle.
Reste la vérification. Une IA peut se tromper avec aplomb : une formule fausse, une valeur inventée, un raisonnement qui a l’air juste. Un devoir recopié peut donc être faux, et l’élève qui ne l’a pas compris n’a aucun moyen de s’en apercevoir. L’éditeur de ChatGPT reconnaît lui-même le risque du raccourci : sa version pour adolescents, lancée en août 2026, prévoit des rappels quand un élève semble chercher à contourner un devoir (annonce d’OpenAI).
Ce que les parents peuvent faire, sans devenir des surveillants
Le piège du devoir parfait se désamorce à la maison, sans surveiller chaque copie. Quelques gestes aident à déplacer l’attention de la note vers l’apprentissage.
Regardez les bonnes notes. Ce sont les contrôles qui disent si le devoir a servi. Si les deux notes divergent, parlez-en tôt, calmement, avant que l’écart ne s’installe.
Valorisez l’effort et l’honnêteté. Dites-le clairement à votre enfant : pour le contrôle, un devoir imparfait fait seul vaut plus qu’un devoir parfait emprunté. Et s’il reconnaît avoir trop délégué, accueillez l’aveu. Un aveu puni risque surtout d’apprendre à mieux cacher la prochaine fois.
Fixez des règles d’usage ensemble. Quand l’IA est-elle permise ? Après avoir cherché seul, pour se faire expliquer, pour se faire interroger. Quand ne l’est-elle pas ? Pour rédiger, résoudre ou recopier. Et la règle du professeur passe toujours avant celle de la maison.
Faites-en un outil de révision, pas un raccourci. La veille d’un contrôle, l’outil peut servir à se faire poser des questions sur le chapitre. Relire un devoir que l’IA a rédigé, en revanche, ne prépare à rien.
Visez l’autonomie. Le but n’est pas de vérifier chaque devoir jusqu’au bac, mais que votre enfant sache, seul, faire la différence entre se faire aider et se faire remplacer. C’est cette différence qui comptera le jour de l’examen.
Notre conseil, au centre Wizaide à Guéliz : avant chaque contrôle, demandez à votre enfant de refaire, sans aide, un exercice tiré de ses devoirs de la semaine. S’il réussit, il le sait avant le contrôle ; s’il bloque, il sait quoi revoir, et il lui reste du temps pour le faire. Pour situer ces repères, de l’élève au parent, notre page IA et éducation présente les compétences que nous travaillons, dont celle de décider quand se servir de l’IA, et quand s’en passer.
En résumé
- Selon le guide du candidat 2026 du ministère de l’Éducation nationale, le contrôle continu pèse 25 % de la moyenne du bac marocain, contre 50 % pour l’examen national.
- Selon le ministère français de l’Éducation nationale, faire tout ou partie d’un devoir avec une IA générative, sans autorisation ni travail personnel d’appropriation, constitue une fraude.
- 40 % au bac français : les résultats de 1re et de terminale pèsent lourd, et l’AEFE indique la même répartition pour le réseau à l’étranger.
- Le signal, c’est l’écart : un devoir maison parfait suivi d’un contrôle raté sur le même chapitre ; aucun indice ne prouve seul l’usage de l’IA.
- Le geste utile : faire refaire et expliquer un exercice, sans aide, et valoriser l’effort et l’honnêteté plus que la note du devoir.
Questions fréquentes
Les réponses qu'on donne le plus souvent au centre.
Combien compte le contrôle continu au bac marocain ?
25 % de la moyenne générale, selon le guide du candidat 2026 : la moyenne de l'examen national compte deux fois, celles de l'examen régional et du contrôle continu une fois chacune, le tout divisé par quatre. Le contrôle continu réunit des épreuves passées tout au long de la 2e année du bac, dans toutes les matières. Le détail est dans notre article sur l'examen national et l'examen régional.
Combien compte le contrôle continu au bac français ?
40 %. L'arrêté du 16 juillet 2018 modifié affecte au bac général un coefficient 40, sur un total de 100, aux résultats de l'élève en 1re et en terminale : histoire-géographie, langues vivantes A et B, enseignement scientifique, éducation physique et sportive, enseignement moral et civique, et spécialité abandonnée en fin de 1re. L'AEFE indique la même répartition pour le réseau à l'étranger (AEFE, « Examens et diplômes »).
Faire un devoir avec ChatGPT, est-ce tricher ?
Tout dépend de ce que l'outil a fait et de ce que le professeur autorise. Le cadre d'usage de l'IA en éducation du ministère français qualifie de fraude un devoir fait en tout ou partie avec une IA générative, sans autorisation explicite de l'enseignant et sans travail personnel d'appropriation. Se faire réexpliquer une notion n'est pas tricher ; faire rédiger le devoir, si.
18 au devoir maison, 8 au contrôle : faut-il soupçonner l'IA ?
Pas d'emblée. L'écart peut venir du stress, d'un chapitre mal compris ou d'une aide trop présente, humaine ou non. Le test utile est simple : demander à l'élève de refaire, seul et sans notes, un exercice du devoir maison, puis de l'expliquer. S'il n'y arrive pas, le devoir ne l'a pas entraîné, quelle que soit l'aide reçue.
Les professeurs peuvent-ils détecter un devoir fait par une IA ?
Le cadre d'usage de l'IA en éducation du ministère français demande aux enseignants de ne pas se fier aux outils de détection automatique, peu fiables et susceptibles de pénaliser à tort. Il les invite plutôt à mettre en avant le raisonnement et la résolution de problèmes dans leurs évaluations.
Sources citées
- arrêté du 16 juillet 2018 modifié · legifrance.gouv.fr
- AEFE, « Examens et diplômes » · aefe.gouv.fr
- rapport d'information « IA et éducation » · senat.fr
- cadre d'usage de l'IA en éducation · education.gouv.fr
- annonce d'OpenAI · openai.com
Comment nous choisissons nos sources et corrigeons nos articles : notre charte éditoriale.