L’essentiel
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- Selon les conditions d'utilisation d'OpenAI, ChatGPT exige au moins 13 ans, et l'accord d'un parent ou d'un tuteur légal avant 18 ans.
- Le contrôle parental, ouvert en septembre 2025, suppose une invitation acceptée par l'adolescent ; il ne permet pas de lire ses conversations (aide d'OpenAI).
- Selon la CNDP, les traitements d'IA qui utilisent des données personnelles relèvent de la loi 09-08 (communiqué du 18 mars 2025).
- La loi 09-08 définit le consentement (article 1) et en fait la condition de principe d'un traitement (article 4), sans règle propre aux mineurs.
Sommaire (7 parties)
- À partir de quel âge votre enfant peut-il utiliser ChatGPT ?
- Que vaut l’accord parental, et comment OpenAI repère-t-il les mineurs ?
- Ce que permet le contrôle parental, et ce qu’il ne permet pas
- Que dit la loi marocaine sur les données de votre enfant ?
- Où passe la ligne : aide aux devoirs ou triche ?
- Votre rôle : un cadre simple et une conversation, plutôt qu’une surveillance
- En résumé
Un samedi après-midi, à Marrakech. Aya, 13 ans, en 2e année du collège, tend son téléphone à son père, Bilal : elle veut un compte ChatGPT « pour réviser », comme ses amies, dit-elle. Bilal tape « âge minimum ChatGPT » dans Google, puis « contrôle parental ChatGPT ». Trois questions lui restent : sa fille a-t-elle l’âge, que vaut son accord à lui, et que deviennent les conversations qu’elle aura avec l’outil ? Vous reconnaissez la scène ?
Les réponses se trouvent dans trois sources : les conditions d’utilisation et l’aide en ligne d’OpenAI, l’éditeur de ChatGPT ; la loi marocaine n° 09-08 sur les données personnelles ; les publications de la CNDP, l’autorité qui veille à son application. Cet article les résume sans remplacer un avis juridique. Pour une situation précise, la CNDP reste l’interlocutrice.
À partir de quel âge votre enfant peut-il utiliser ChatGPT ?
Selon les conditions d’utilisation d’OpenAI, il faut avoir au moins 13 ans pour utiliser ChatGPT, et l’accord d’un parent ou d’un tuteur légal avant 18 ans.
La règle figure dans les conditions d’utilisation d’OpenAI, dans la version qui s’applique en dehors de l’Europe, et donc au Maroc. Elle comporte une nuance : l’âge minimum est de 13 ans, ou l’âge plus élevé que fixe la loi du pays pour consentir à utiliser le service. L’aide en ligne d’OpenAI le dit plus simplement : ChatGPT n’est pas destiné aux enfants de moins de 13 ans, et les 13-18 ans doivent obtenir le consentement de leurs parents avant de l’utiliser (« Is ChatGPT safe for all ages? »).
« ChatGPT pour les enfants », que l’on tape aussi dans Google, appelle donc une réponse nette : avant 13 ans, pas de compte. C’est la règle de l’éditeur. L’école française va dans le même sens : le cadre d’usage de l’IA en éducation, publié par le ministère français de l’Éducation nationale en juin 2025, ne fait pas manipuler d’IA générative par les élèves avant la 4e. Il précise aussi qu’on ne doit pas leur faire créer de compte personnel sur un service d’IA grand public.
Chaque assistant d’IA a ses propres conditions. L’âge minimum se lit dans les siennes, pas dans celles de ChatGPT.
Que vaut l’accord parental, et comment OpenAI repère-t-il les mineurs ?
Entre 13 et 18 ans, l’accord parental est une condition posée par OpenAI. Ce n’est pas une formalité administrative : c’est une décision de famille, qui engage les parents autant que l’enfant.
OpenAI ne s’en remet pas seulement à l’âge déclaré. Depuis janvier 2026, l’entreprise déploie une estimation de l’âge : à partir de signaux liés au compte, comme son ancienneté, les heures d’utilisation, la façon de s’en servir et l’âge indiqué, un modèle estime si le compte appartient probablement à un mineur. Si c’est le cas, des protections supplémentaires s’appliquent sur les contenus sensibles. Un adulte classé à tort peut confirmer son âge auprès d’un prestataire, avec un selfie ou une pièce d’identité selon le pays (aide d’OpenAI sur l’estimation de l’âge).
En cas de doute, OpenAI s’est engagé à appliquer par défaut l’expérience prévue pour les moins de 18 ans, y compris à ceux qui utilisent ChatGPT sans se connecter (Teen Safety Blueprint, novembre 2025). En août 2026, ces protections ont été réunies dans une version pour adolescents, appliquée automatiquement aux comptes identifiés comme mineurs (annonce de « ChatGPT for Teens »). Elle met en avant un mode d’étude qui guide l’élève pas à pas, par des questions, et des rappels quand l’adolescent semble chercher un raccourci pour un devoir.
Ces protections fonctionnent sans vous. Elles ne disent rien, en revanche, de ce que votre enfant a le droit de faire à la maison : c’est précisément l’objet de l’accord que vous donnez.
Ce que permet le contrôle parental, et ce qu’il ne permet pas
OpenAI a ouvert le contrôle parental dans ChatGPT le 29 septembre 2025. Il repose sur la liaison de deux comptes : le parent invite l’adolescent, ou l’inverse, et la liaison n’existe que si l’adolescent accepte. L’un ou l’autre peut la défaire à tout moment ; le parent en est alors prévenu (aide d’OpenAI sur le contrôle parental).
Une fois les comptes liés, le parent peut, depuis son propre compte :
- réduire les contenus sensibles, un réglage activé automatiquement sur le compte de l’adolescent ;
- fixer des heures calmes, pendant lesquelles ChatGPT n’est pas utilisable ;
- désactiver la mémoire, le mode vocal ou la génération d’images ;
- exclure les conversations de l’entraînement des modèles d’OpenAI ;
- choisir si les nouvelles conversations s’ouvrent en mode d’étude ;
- recevoir une alerte dans de rares situations de risque grave pour la sécurité de l’adolescent.
Ce que le contrôle parental ne permet pas compte tout autant. Il ne donne pas accès aux conversations : selon l’aide d’OpenAI, il ne permet ni de lire ni de surveiller les échanges de l’adolescent, et même l’alerte de sécurité ne transmet que les informations utiles pour l’aider, sans la conversation. Il ne s’impose pas : sans l’accord de l’adolescent, aucune liaison. Il ne règle enfin que le compte lié, et rien d’autre : ni un second compte, ni un autre assistant d’IA.
La marche à suivre, écran par écran, est tenue à jour dans l’aide d’OpenAI. Nous n’en faisons pas un tutoriel ici : l’important est de savoir ce que ces réglages font, et ce qu’ils ne feront jamais à votre place.
Que dit la loi marocaine sur les données de votre enfant ?
Selon la CNDP, les traitements d’intelligence artificielle qui utilisent des données personnelles sont encadrés par la loi 09-08.
La Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel l’a rappelé dans un communiqué du 18 mars 2025, en annonçant des travaux en vue d’une délibération sur les traitements d’IA. La loi n° 09-08, promulguée par le dahir du 18 février 2009, est le texte de référence (texte publié par le ministère de la Justice sur le portail Adala). Quatre points intéressent directement les parents.
- Le consentement. L’article 1 le définit comme « toute manifestation de volonté, libre, spécifique et informée » par laquelle une personne accepte que ses données soient traitées. L’article 4 en fait la condition de principe d’un traitement, avec des exceptions, comme l’exécution d’un contrat.
- Les droits. La personne concernée doit être informée lors de la collecte (article 5). Elle peut accéder à ses données (article 7), les faire rectifier (article 8) et s’opposer à leur traitement pour des motifs légitimes (article 9).
- Les données sensibles. La loi range dans cette catégorie les données qui touchent notamment à la santé, aux convictions religieuses ou aux opinions politiques (article 1).
- Les mineurs. Le texte ne contient pas de règle propre aux enfants. Il ne fixe ni âge à partir duquel un mineur consent seul, ni procédure d’accord parental ; il évoque seulement, dans des cas précis, la personne qui se trouve dans l’incapacité physique ou juridique de consentir (articles 4 et 21).
Faute de règle d’âge dans la loi, c’est l’âge fixé par les conditions de chaque service qui sert de repère : 13 ans pour ChatGPT. La CNDP s’adresse aussi aux plus jeunes. À l’été 2025, avec le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, elle a mené dans les colonies de vacances une tournée de sensibilisation des enfants et des adolescents à leur vie privée numérique, sous la bannière « Koun3labal » (communiqué du 4 juillet 2025). Pour une question ou une plainte, son site, cndp.ma, présente les démarches.
En pratique, la règle la plus utile tient en une phrase : rien de ce qui identifie votre enfant n’entre dans une conversation. Ni son nom complet, ni son adresse, ni son numéro, ni le nom de son établissement, ni une photo de lui ou d’un document d’identité, ni une information de santé. Le cadre d’usage français impose la même prudence aux enseignants : aucune donnée personnelle dans une IA grand public.
Où passe la ligne : aide aux devoirs ou triche ?
L’âge et les réglages ne disent pas l’essentiel : ce que votre enfant fait de l’outil. La ligne se formule simplement. Se faire réexpliquer une notion, se faire interroger avant un contrôle, faire relire une démarche qu’on a déjà menée seul : c’est apprendre. Faire écrire la rédaction, faire résoudre l’exercice, recopier la réponse : c’est faire faire.
Pour les établissements qui suivent le programme français, le ministère français l’a écrit noir sur blanc dans son cadre d’usage : utiliser une IA générative pour faire tout ou partie d’un devoir, sans autorisation explicite de l’enseignant et sans travail personnel d’appropriation, constitue une fraude. Dans le système marocain, la règle qui vaut pour les devoirs se demande au professeur.
L’autre ligne est celle de la vérification. Un assistant d’IA peut inventer une date, une référence ou une formule avec le même aplomb qu’une réponse juste ; nous expliquons ailleurs pourquoi l’IA se trompe avec assurance. Un élève qui recopie sans vérifier s’expose donc à l’erreur autant qu’à la sanction.
Votre rôle : un cadre simple et une conversation, plutôt qu’une surveillance
Le contrôle parental règle des paramètres. Il ne remplace pas ce qui compte le plus : ce que votre enfant comprend de l’outil, et ce qu’il accepte de vous en dire.
Un cadre simple, décidé ensemble, tient en trois règles. Rien d’identifiant dans les conversations. Chercher d’abord seul, puis demander une explication, jamais une réponse à recopier. Et tout ce qui est rendu doit pouvoir être expliqué sans écran.
La conversation à avoir se prépare avant d’ouvrir le compte : à quoi va-t-il servir, à quels moments, et que fait-on si l’outil se trompe ou affiche quelque chose de gênant ? Ensuite, gardez le fil, sans interrogatoire : « Qu’est-ce que tu lui as demandé cette semaine ? Est-ce qu’il s’est trompé ? Comment l’as-tu vu ? »
Montrez l’exemple : servez-vous de l’outil devant votre enfant, de temps en temps, et vérifiez à voix haute ce qu’il répond. Le geste parle souvent plus que la consigne.
Accompagner n’est pas surveiller. Le contrôle parental ne montre pas les conversations, et c’est voulu. C’est l’occasion de bâtir une confiance : un adolescent qui sait qu’il ne sera pas puni pour avoir raconté une réponse étrange, ou un contenu qui l’a mis mal à l’aise, en parlera plus volontiers. Pour replacer l’IA dans les règles d’écran de la maison, notre article sur les règles d’écran selon l’âge donne des repères de 3 à 18 ans.
Notre conseil, au centre Wizaide à Guéliz : faites de l’ouverture du compte un moment à deux, et non une formalité. Lisez ensemble la règle des 13 ans, choisissez ensemble les réglages, et fixez ensemble ce qui n’entrera jamais dans une conversation. Notre page IA et éducation réunit les repères que nous proposons aux élèves comme aux parents, pour que le cadre posé à la maison et celui de l’école se répondent.
En résumé
- Selon les conditions d’utilisation d’OpenAI, il faut avoir au moins 13 ans pour utiliser ChatGPT, et l’accord d’un parent ou d’un tuteur légal avant 18 ans.
- Selon la CNDP, les traitements d’intelligence artificielle qui utilisent des données personnelles sont encadrés par la loi 09-08.
- Le contrôle parental règle, il ne surveille pas : liaison acceptée par l’adolescent, réglages de contenu, de mémoire et d’horaires, alerte en cas de risque grave, mais aucun accès aux conversations.
- Pas de règle d’âge dans la loi 09-08 : elle définit le consentement et les droits, sans disposition propre aux mineurs ; rien de ce qui identifie l’enfant ne doit entrer dans une conversation.
- La ligne : se faire expliquer, c’est apprendre ; faire faire, c’est tricher ; et toute réponse d’IA se vérifie.
Questions fréquentes
Les réponses qu'on donne le plus souvent au centre.
Quel est l'âge minimum pour utiliser ChatGPT ?
13 ans, ou un âge plus élevé si la loi du pays l'exige, selon les conditions d'utilisation d'OpenAI. Entre 13 et 18 ans, l'accord d'un parent ou d'un tuteur légal est obligatoire. L'aide en ligne d'OpenAI précise que ChatGPT n'est pas destiné aux enfants de moins de 13 ans.
ChatGPT est-il fait pour les enfants de moins de 13 ans ?
Non. OpenAI indique que ChatGPT n'est pas destiné aux moins de 13 ans (aide d'OpenAI). En France, le cadre d'usage de l'IA en éducation ne fait pas manipuler d'IA générative par les élèves avant la 4e.
Le contrôle parental de ChatGPT permet-il de lire les conversations ?
Non. Selon l'aide d'OpenAI sur le contrôle parental, il permet de régler certains paramètres (contenus sensibles, heures calmes, mémoire, mode vocal, génération d'images, entraînement des modèles) et de recevoir une alerte en cas de risque grave pour la sécurité de l'adolescent, mais ni de lire ni de surveiller ses échanges.
Comment fonctionne le contrôle parental de ChatGPT ?
Le parent invite l'adolescent depuis son propre compte, ou l'inverse, et la liaison ne devient active qu'une fois l'invitation acceptée. L'un ou l'autre peut défaire la liaison à tout moment ; le parent en est alors prévenu. La marche à suivre détaillée est dans l'aide d'OpenAI.
Que dit la loi marocaine sur les données personnelles des enfants ?
La loi n° 09-08 définit le consentement (article 1), en fait la condition de principe d'un traitement (article 4) et donne des droits d'information, d'accès, de rectification et d'opposition (articles 5 à 9), sans règle propre aux mineurs. Selon la CNDP, les traitements d'IA qui utilisent des données personnelles relèvent de cette loi (communiqué du 18 mars 2025).
ChatGPT sait-il que mon enfant est mineur ?
Il essaie de l'estimer. Depuis janvier 2026, OpenAI déploie une estimation de l'âge fondée sur des signaux du compte ; un compte jugé mineur reçoit des protections supplémentaires, regroupées depuis août 2026 dans une version pour adolescents. L'estimation peut se tromper : elle ne remplace ni la règle des 13 ans ni l'accord des parents.
Sources citées
- conditions d'utilisation d'OpenAI · openai.com
- « Is ChatGPT safe for all ages? » · help.openai.com
- cadre d'usage de l'IA en éducation · education.gouv.fr
- estimation de l'âge · openai.com
- aide d'OpenAI sur l'estimation de l'âge · help.openai.com
- Teen Safety Blueprint, novembre 2025 · cdn.openai.com
- annonce de « ChatGPT for Teens » · openai.com
- aide d'OpenAI sur le contrôle parental · help.openai.com
- communiqué du 18 mars 2025 · cndp.ma
- texte publié par le ministère de la Justice sur le portail Adala · adala.justice.gov.ma
- communiqué du 4 juillet 2025 · cndp.ma
- cndp.ma · cndp.ma
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