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Tables de multiplication au Maroc : quelle classe, quelle méthode

Tables de multiplication (جدول الضرب) : en quelle année on les apprend au Maroc et en CE1-CE2, et comment les retenir, avec un plan de six semaines.

Mis à jour le 13 min de lecture Par

L’essentiel

Mis à jour le

  • Selon le programme marocain du primaire (2021), les tables de 2 à 10 s'apprennent en 2e année, en quatre étapes : 2-5-10, 3-4, 6-7, puis 8-9.
  • Selon le programme français de 2024, les tables s'apprennent sur toute l'année de CE1 ; en fin de CE2, l'élève peut compléter douze égalités en une minute.
  • Selon le même programme marocain, les mathématiques du primaire s'enseignent en arabe, avec des activités en langue étrangère : la table de multiplication y est le جدول الضرب.
  • Selon une étude menée en classe (Ophuis-Cox et al., 2023), s'interroger avec des cartes fait davantage progresser que réciter les tables à voix haute.
Sommaire (8 parties)
  1. En quelle classe apprend-on les tables de multiplication ?
  2. جدول الضرب ou « table de multiplication » : les mots, dans les deux langues
  3. Réciter la table ou se tester : ce que montre la recherche
  4. Espacer : un peu chaque jour plutôt qu’une heure le dimanche
  5. Moins de résultats à retenir qu’il n’y paraît
  6. Un plan de six semaines, à cinq ou dix minutes par jour
  7. Le chronomètre, oui ; la pression, non
  8. En résumé

Mercredi soir, à Marrakech. Taha, 8 ans, a quitté cet été son école publique pour un établissement français, où il est entré en CE2. Ses tables, il les connaît : il les a apprises en arabe l’an dernier, en les récitant dans l’ordre. Ce soir, sa mère, Lamia, l’interroge en français et dans le désordre : « Sept fois huit ? » Taha reprend la table de 7 depuis le début, sur ses doigts, et se perd en route. Vous reconnaissez la scène ?

Elle réunit trois questions que se posent beaucoup de parents au Maroc : en quelle classe les tables de multiplication s’apprennent-elles, dans quelle langue, et comment les retenir pour longtemps ? Les réponses viennent ici des programmes officiels, marocain et français, et de travaux de recherche sur la mémoire, cités et liés.

Mis à jour le 20 octobre 2026 : l’article suit désormais les programmes officiels, celui du primaire marocain (2021) et le programme français de 2024, appliqué depuis la rentrée 2025 : toutes les tables se travaillent en 2e année du primaire comme en CE1, et non plus « 2, 5 et 10 en CE1, les autres en CE2 et CM1 ». Retirés : des chiffres sans source (« 3 à 5 fois mieux » en chantant, « 30 % des enfants », une table « retenue un an »), les « profils auditifs » et des noms d’applications.

En quelle classe apprend-on les tables de multiplication ?

Selon le ministère marocain de l’Éducation nationale, toutes les tables, de 2 à 10, s’apprennent en 2e année du primaire, en quatre étapes : 2-5-10, 3-4, 6-7, puis 8-9.

C’est ce que prévoit le programme officiel du primaire, publié en juillet 2021 par la direction des curricula du ministère (المنهاج الدراسي للتعليم الابتدائي, pages 302 à 307, copie archivée du fichier de men.gov.ma). En 2e année, l’enfant découvre d’abord le sens de la multiplication : une addition répétée, que l’on écrit avec le signe ×. Il voit aussi les cas de 1 et de 0, et le fait que 3 × 4 = 4 × 3. Viennent ensuite les tables, dans cet ordre : 2, 5 et 10 avant la fin du premier semestre, puis 3 et 4, 6 et 7, 8 et 9 au second, avant la multiplication posée. En 3e année, l’élève pose des multiplications dont le résultat ne dépasse pas 999 et apprend à multiplier par 10 et par 100. En 4e année, il cherche les multiples et les diviseurs d’un nombre à partir de la table de multiplication.

Dans le réseau français, le calendrier est proche. Le programme de mathématiques du cycle 2, fixé par l’arrêté du 22 octobre 2024 et appliqué depuis la rentrée 2025, étale l’apprentissage des tables « sur l’année scolaire tout entière » du CE1. Il précise que la mémorisation des tables vues en fin d’année « pourra être encore imparfaite en fin de CE1 ; elle sera renforcée au CE2 » (programme de mathématiques du cycle 2, Bulletin officiel n° 41 du 31 octobre 2024). Le livret d’accompagnement du ministère pour le CE1 donne un exemple de progression : les tables de 1 à 6 et de 10 aux deux premières périodes, la table de 7 à la troisième, celle de 8 à la quatrième, toutes les tables à la cinquième (livret d’accompagnement CE1, éduscol, 2025). En CM1 et en CM2, le programme du cycle 3 indique que la mémorisation des tables « se poursuit » (arrêté du 10 avril 2025).

Selon le ministère français de l’Éducation nationale, un élève de fin de CE2 peut compléter douze égalités des tables de multiplication en une minute, contre huit en fin de CE1.

Ces égalités sont « à trou », et dans les deux sens : 9 × 6 = …, mais aussi 7 × … = 42.

École marocaine (programme de 2021)Réseau français (programmes de 2024 et 2025)
Sens de la multiplication2e année : addition répétée, signe ×CP : le mot « fois », les additions répétées
Tables2e année : 2, 5 et 10, puis 3 et 4, 6 et 7, 8 et 9CE1, sur toute l’année
Ensuitecalcul mental jusqu’à 9 × 9, de la 2e à la 6e annéeCE2 (douze égalités par minute), puis CM1 et CM2
Langue des mathématiquesl’arabe, avec des activités en langue étrangèrele français

Les établissements français homologués appliquent les programmes français (AEFE, « L’homologation »). Si votre enfant est dans une école privée marocaine ou dans un autre réseau, demandez à l’enseignant quel programme suit la classe, et dans quelle langue.

جدول الضرب ou « table de multiplication » : les mots, dans les deux langues

Selon le programme marocain de 2021, les mathématiques s’enseignent en arabe à l’école primaire, et certaines activités se font en langue étrangère pour préparer l’alternance des langues (page 277) ; son tableau des horaires indique « arabe / français » comme langue d’enseignement des mathématiques (page 44). Votre enfant a donc pu entendre ses tables dans les deux langues : demandez à l’enseignant laquelle domine dans sa classe. Quant à l’enfant qui passe d’un système à l’autre, il ne réapprend pas ses tables : il réapprend à les dire. Taha sait que sept fois huit font cinquante-six ; il ne l’a simplement jamais entendu en français.

En françaisEn arabe (programme marocain)
la table de multiplicationجدول الضرب
la multiplicationالضرب
le produit (56 est le produit de 7 et de 8)الجداء
l’écriture multiplicative (7 × 8)الكتابة الضربية
l’addition répétée (7 + 7 + 7)الجمع المتكرر
7 × 8 = 8 × 7 (la commutativité)تبادلية الضرب
le calcul mentalالحساب الذهني
la multiplication poséeالتقنية الاعتيادية للضرب

Côté français, le programme précise que le signe « × » se lit « fois » dès le CE1, et demande de connaître les tables « dans les deux sens » : savoir que 6 × 7 = 42, mais aussi retrouver le nombre manquant dans 6 × … = 42. Pendant quelques semaines, faites travailler l’enfant dans la langue de sa nouvelle classe, et revenez de temps en temps à l’autre. Les résultats ne changent pas ; seuls les mots changent.

Réciter la table ou se tester : ce que montre la recherche

Selon une étude menée en classe en 2023, s’interroger avec des cartes fait davantage progresser sur les tables de multiplication que les réciter à voix haute.

Des chercheurs de l’Open Universiteit, aux Pays-Bas, ont suivi 48 élèves de deuxième année du primaire. Ils ont comparé deux façons de s’entraîner, chaque enfant essayant les deux sur deux tables différentes : réciter les résultats à voix haute, ou s’interroger avec des cartes, l’opération d’un côté et le résultat au dos. Après une leçon et trois séances d’entraînement espacées, les cartes ont davantage amélioré l’aisance à retrouver les résultats, cinq minutes après comme une semaine plus tard (Ophuis-Cox, Catrysse et Camp, Applied Cognitive Psychology, 2023). Le livret d’accompagnement du ministère français pour le CE1 cite cette étude. Il rappelle aussi que donner un résultat de multiplication « repose sur des résultats mémorisés et non sur une reconstruction qui serait trop longue ».

Ce résultat rejoint un effet bien établi chez les plus grands : retrouver une information de mémoire la fixe mieux que la relire. Des étudiants qui s’étaient testés sur un texte en retenaient davantage deux jours puis une semaine plus tard que ceux qui l’avaient relu, alors que la relecture leur donnait plus d’assurance (Roediger et Karpicke, Psychological Science, 2006). L’effet a été retrouvé chez des élèves d’une dizaine d’années, quel que soit leur niveau de lecture (Karpicke, Blunt et Smith, Frontiers in Psychology, 2016). Une revue de dix techniques d’apprentissage place l’auto-interrogation et la pratique espacée en tête des plus utiles (Dunlosky et al., Psychological Science in the Public Interest, 2013).

La comptine garde un rôle : elle aide à découvrir la suite et à la mettre en ordre. Mais l’objectif, à l’école marocaine comme dans le réseau français, est de retrouver 7 × 8 seul, hors de la suite, sans repartir de 7 × 1.

Espacer : un peu chaque jour plutôt qu’une heure le dimanche

Le programme marocain prévoit un rituel court : cinq minutes de calcul mental au début de chaque séance de mathématiques, avec des cartes de nombres, multiplications jusqu’à 9 × 9 comprises. Il ajoute que cet entraînement peut se poursuivre hors de la classe, dans la cour avec les camarades ou à la maison, en famille (pages 277 et 278).

Ce choix repose sur un résultat solide. À temps de travail égal, répartir l’entraînement sur plusieurs séances fait mieux retenir que le regrouper en une seule, selon une synthèse de 317 expériences publiée en 2006 (Cepeda et al., Psychological Bulletin, 2006). Le livret français pour le CE1 en tire une règle pour les tables : un entraînement serré au début, pour créer la trace, puis des rappels de plus en plus espacés, poursuivis au CE2 et au-delà. Il s’appuie sur la courbe de l’oubli d’Ebbinghaus, et nous détaillons cette mécanique dans notre article sur la répétition espacée.

Moins de résultats à retenir qu’il n’y paraît

Les tables de 2 à 9 comptent 64 multiplications. Comme 7 × 8 = 8 × 7, il n’y a en réalité que 36 résultats différents à retenir ; une fois les tables de 2 et de 5 acquises, il en reste 21.

Dites-le à votre enfant : la montagne fond de moitié. Les deux programmes s’appuient sur cette propriété, la commutativité, dès qu’elle est comprise. Le livret français construit ainsi la table de 7 avec ce que l’élève sait déjà : 3 × 7, c’est 7 × 3 ; 7 × 7, c’est 6 × 7, plus 7.

Quelques régularités aident à retrouver un résultat, le temps qu’il se fixe :

  • Table de 5 : les résultats se terminent par 0 ou par 5, en alternance.
  • Table de 4 : c’est le double du double. 4 × 6, c’est 2 × 6 = 12, puis 24.
  • Table de 9 : les deux chiffres du résultat font 9 en tout (36 : 3 + 6), et le chiffre des dizaines vaut un de moins que le nombre multiplié (9 × 4 = 36). Avec les mains : on pose les dix doigts sur la table, on replie le quatrième ; il reste 3 doigts à gauche et 6 à droite, soit 36.
  • Table de 10 : on écrit un zéro à droite du nombre.

Ces appuis servent à trouver un résultat ; ils ne remplacent pas la mémoire. Tant que l’enfant doit calculer 7 × 8, il n’a pas encore la réponse immédiate que visent les deux programmes. C’est l’entraînement qui fait le reste.

Un plan de six semaines, à cinq ou dix minutes par jour

Ce plan s’adresse à un enfant qui a déjà vu les tables en classe mais ne les retrouve pas sûrement : un élève de 3e année du primaire ou de CE2, par exemple, ou un enfant comme Taha qui change de langue. Il ne promet rien en six semaines ; il donne un cadre, à ajuster à votre enfant.

Le matériel. Des cartes en papier : d’un côté l’opération (7 × 8), de l’autre le résultat (56). Grâce à la commutativité, 36 cartes suffisent pour les tables de 2 à 9. Ajoutez ensuite quelques cartes « dans l’autre sens » (… × 7 = 56).

Semaine 1, le point de départ. Passez toutes les cartes une fois, sans aider, et faites trois tas : « je sais tout de suite », « j’hésite », « je ne sais pas ». Faites ensuite un essai d’une minute, cartes mélangées, et notez le nombre de bonnes réponses. Ce chiffre sert à mesurer les progrès de votre enfant, pas à le comparer.

Semaines 2 et 3, un tas à la fois. Chaque jour, cinq à dix minutes. On reprend le tas « je ne sais pas », puis « j’hésite ». L’enfant dit la réponse avant de retourner la carte. Une carte ratée revient dans le paquet du jour ; une carte réussie trois jours de suite passe dans une boîte à revoir la semaine suivante. Suivez l’ordre de la classe : 2, 5 et 10 d’abord, puis 3 et 4, 6 et 7, 8 et 9 à l’école marocaine ; 7, 8 et 9 en dernier dans l’exemple de progression française.

Semaines 4 et 5, tout mélanger. Les cartes de toutes les tables se mêlent, avec celles « dans l’autre sens ». Variez les formes : questions orales en voiture, un ping-pong où l’enfant pose lui aussi les questions, un jeu de paires où l’on associe chaque opération à son résultat. En fin de semaine, refaites l’essai d’une minute.

Semaine 6, le bilan. Dernier essai d’une minute, puis on espace : deux ou trois courtes séances par semaine pendant un mois, puis une par semaine. Les cartes qui résistent restent dans le paquet quotidien.

Ce plan ne tient que s’il reste court et qu’il appartient à l’enfant. Pour l’installer sans faire le travail à sa place, notre article sur l’aide aux devoirs sans faire à sa place donne des repères.

Le chronomètre, oui ; la pression, non

Le programme français mesure la « fluence » : le nombre de résultats justes en un temps donné. Il fait aussi une mise en garde, tirée de l’évaluation nationale de septembre 2023 : à l’entrée en CM1, sur près de 2,4 millions d’élèves évalués, les écarts entre filles et garçons étaient très importants en fluence de calcul mental, au désavantage des filles. Le texte y voit une explication possible : un manque de confiance et le stress de devoir répondre en très peu de temps. Il demande donc d’entraîner régulièrement les élèves à ces tests, pour qu’ils deviennent des routines sans stress. Le programme du cycle 3 va dans le même sens : un entraînement « dans un climat serein et motivant » en CM1 et, de préférence en CM2, « détaché de toute pression évaluative ».

Le programme marocain, lui, mise sur le défi : ses cartes de nombres doivent développer l’esprit de défi et de compétition, par la vitesse. Les deux approches se concilient à la maison. Votre enfant joue contre lui-même : il bat son propre score d’une minute, pas celui de son frère ou de sa cousine.

Si, après plusieurs semaines d’entraînement régulier, presque rien ne reste d’une semaine à l’autre, ne forcez pas. Parlez-en d’abord à son enseignant, puis au médecin, qui pourra orienter vers un bilan, par exemple chez un orthophoniste. Pour un enfant déjà suivi pour une dyslexie ou un trouble de l’attention, demandez conseil aux professionnels qui le suivent : ils pourront adapter les supports et la durée des séances.

Notre conseil, au centre Wizaide à Guéliz : gardez les cartes à portée de main, près de la table du petit déjeuner ou dans le cartable, et faites court. Répartissez l’effort, cinq minutes chaque jour plutôt qu’une longue séance le dimanche soir, et laissez une table qui hésite revenir sans drame. Si votre enfant change de système, faites-lui dire ses tables dans les deux langues pendant quelques semaines : il ne repart pas de zéro.

En résumé

  • Selon le ministère marocain de l’Éducation nationale, toutes les tables, de 2 à 10, s’apprennent en 2e année du primaire, en quatre étapes : 2-5-10, 3-4, 6-7, puis 8-9.
  • Selon le ministère français de l’Éducation nationale, un élève de fin de CE2 peut compléter douze égalités des tables de multiplication en une minute, contre huit en fin de CE1.
  • Deux langues, les mêmes résultats : au primaire marocain, les mathématiques s’enseignent en arabe (جدول الضرب), avec des activités en langue étrangère ; un enfant qui change de système réapprend les mots, pas les tables.
  • Se tester plutôt que réciter : dans une étude menée en classe en 2023, les cartes ont fait davantage progresser les élèves que la récitation à voix haute.
  • Court, espacé, sans pression : cinq à dix minutes par jour, des rappels de plus en plus espacés, et un chronomètre qui mesure les progrès de l’enfant, jamais son rang.

Questions fréquentes

Les réponses qu'on donne le plus souvent au centre.

À partir de quelle classe apprend-on les tables de multiplication ?

En 2e année du primaire à l'école marocaine : le programme officiel de 2021 y fait apprendre toutes les tables, de 2 à 10, en quatre étapes (2-5-10, puis 3-4, 6-7 et 8-9) (programme du primaire, juillet 2021, copie archivée). Dans le réseau français, c'est en CE1, sur toute l'année ; la mémorisation des dernières tables vues peut y rester « encore imparfaite » et elle est renforcée au CE2 (programme de mathématiques du cycle 2, 2024). Dans les deux cas, l'enfant a environ 7 ans au début de l'année.

Quelle table de multiplication apprendre en premier ?

Suivez l'ordre de la classe. Le programme marocain commence par les tables de 2, 5 et 10, puis passe à 3 et 4, 6 et 7, et termine par 8 et 9. Le livret d'accompagnement du ministère français pour le CE1 propose les tables de 1 à 6 et de 10 en premier, puis celle de 7, puis celle de 8 (livret CE1, éduscol, 2025). Dans les deux cas, on s'appuie sur ce qui est déjà su : comme 3 × 7 = 7 × 3, une partie de la table de 7 est connue avant même de l'aborder.

Combien de temps par jour pour apprendre les tables ?

Peu, mais souvent. Le programme marocain prévoit cinq minutes de calcul mental au début de chaque séance de mathématiques, multiplications jusqu'à 9 × 9 comprises. À la maison, visez cinq à dix minutes par jour pour s'interroger, en revenant régulièrement sur les tables déjà sues : à temps égal, des séances réparties font mieux retenir qu'une seule longue séance (Cepeda et al., 2006).

Comment dit-on « table de multiplication » en arabe ?

جدول الضرب. Le produit se dit الجداء, l'écriture multiplicative الكتابة الضربية, et le calcul mental الحساب الذهني. Selon le programme marocain de 2021, les mathématiques s'enseignent en arabe à l'école primaire, avec certaines activités en langue étrangère. Un enfant qui change de système garde ses résultats : il doit seulement apprendre à les dire dans l'autre langue.

Chanter les tables de multiplication, est-ce efficace ?

Moins que de s'interroger. Dans une étude menée en classe auprès de 48 élèves de deuxième année du primaire, s'entraîner avec des cartes (l'opération d'un côté, le résultat au dos) a davantage amélioré l'aisance à retrouver les résultats que réciter les tables à voix haute, cinq minutes après comme une semaine plus tard (Ophuis-Cox et al., Applied Cognitive Psychology, 2023). La comptine aide à découvrir la suite ; l'objectif reste de retrouver 7 × 8 seul, hors de la suite.

Mon enfant est en CE2 ou en 3e année et ne connaît pas ses tables : est-ce trop tard ?

Non. Le programme français prévoit que la mémorisation se poursuive au CE2, puis en CM1 et en CM2 (programme du cycle 3, 2025), et le programme marocain fait travailler le calcul mental de la 2e à la 6e année. Reprenez avec un entraînement court et régulier, en vous interrogeant avec des cartes. Si presque rien ne reste après plusieurs semaines d'efforts réguliers, parlez-en à l'enseignant, puis au médecin s'il le conseille.

Faut-il chronométrer un enfant sur ses tables ?

Oui, pour mesurer ses progrès, pas pour le juger. Le programme français fixe des repères (huit égalités en une minute en fin de CE1, douze en fin de CE2) mais met en garde contre le stress des réponses en temps très court, et demande un entraînement « dans un climat serein et motivant ». À la maison, l'enfant bat son propre score d'une minute, sans comparaison avec ses frères et sœurs.

Sources citées

  1. المنهاج الدراسي للتعليم الابتدائي, pages 302 à 307, copie archivée du fichier de men.gov.ma · web.archive.org
  2. programme de mathématiques du cycle 2, Bulletin officiel n° 41 du 31 octobre 2024 · education.gouv.fr
  3. livret d'accompagnement CE1, éduscol, 2025 · eduscol.education.fr
  4. arrêté du 10 avril 2025 · education.gouv.fr
  5. AEFE, « L'homologation » · aefe.gouv.fr
  6. Ophuis-Cox, Catrysse et Camp, Applied Cognitive Psychology, 2023 · doi.org
  7. Roediger et Karpicke, Psychological Science, 2006 · doi.org
  8. Karpicke, Blunt et Smith, Frontiers in Psychology, 2016 · doi.org
  9. Dunlosky et al., Psychological Science in the Public Interest, 2013 · doi.org
  10. Cepeda et al., Psychological Bulletin, 2006 · doi.org

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