Mercredi 17h, au centre Wizaide. Adam, 19 ans, étudiant à Marrakech, doit dire « the three thirsty brothers » en exercice de prononciation. Il dit « ze tree tirsty broders ». La coach sourit : « On va travailler le th ». Adam est gêné — ce son n’existe pas en français ni en arabe, et le travailler à 19 ans alors qu’on a parlé sans depuis 6 ans, c’est inconfortable. Mais sans ça, son anglais sonnera toujours « francophone ». Vous reconnaissez la scène ? Lundi matin, 10h. Mehdi, 28 ans, développeur à Marrakech, dans une réunion Google Meet avec ses collègues britanniques. L’un d’eux dit « think ». Mehdi entend « sink ». Il ne comprend pas le contexte. Il rit nerveusement. Il pense : « Je vais rester muet dans cette réunion. Comment je peux fonctionner en tech sans saisir les mots ? »
C’est le problème des sons difficiles anglais pour les francophones. Ce n’est pas de la grammaire compliquée, ce n’est pas du vocabulaire rare. C’est que votre oreille n’a jamais entendu ces sons en français. Votre bouche ne sait pas les former. Mais c’est 100% corrigeable.
Apprendre l’anglais représente un défi passionnant pour les francophones. Cependant, certains sons difficiles peuvent freiner la progression orale et créer de la frustration. Ces sons, souvent inexistants en français, posent des problèmes de prononciation, de compréhension auditive et de fluidité dans la conversation. Dans cet article, nous explorons en profondeur les sons difficiles anglais francophones, comprenons pourquoi ils posent problème, et surtout, comment les travailler efficacement.
Pourquoi certains sons anglais sont difficiles pour les francophones
Le français et l’anglais viennent de racines linguistiques différentes (français = latin + germanique, anglais = germanique + roman). Cela signifie que certains sons présents en anglais ne trouvent pas d’équivalents directs en français.
Les conséquences :
- Erreurs de prononciation fréquentes : vous prononcer « think » comme « sink » (parce qu’en français « th » n’existe pas)
- Un accent marqué chez les apprenants francophones : instant dead giveaway auprès des natifs
- Difficultés de compréhension orale : vous entendez un son étranger et vous ne savez pas le décoder
C’est une réalité neurobiologique, pas un manque de talent. Au centre Wizaide, c’est exactement ce qu’on corrige dès les premiers cours : on éduque l’oreille et la bouche à produire les sons « nouveaux ».
Les sons « th » : le cauchemar numéro 1 des francophones
Le son « th » est probablement le plus difficile pour les francophones. Pourquoi ? Parce qu’il demande une position de langue que le français n’utilise jamais.
Il existe deux variantes en anglais :
1. Le « th » voisé /ð/ (les cordes vocales vibrent)
- Mots : this, that, these, those, they, them, there, the
- Exemple : « There’s a thing I want to tell you »
2. Le « th » non voisé /θ/ (les cordes vocales ne vibrent pas)
- Mots : think, thank, thing, thick, thin, through, thought, three
- Exemple : « I think this is the third time »
Les francophones ont tendance à les remplacer par :
- /z/ ou /s/ (« this » = « zis » ou « sis »)
- /d/ ou /t/ (« they » = « dey » au lieu de « dey » avec la langue entre les dents)
Comment corriger :
-
Position physique de la langue : mettez votre langue entre vos dents. Oui, vraiment entre les dents, pas simplement contre les dents.
-
Attentif à la vibration des cordes vocales : /ð/ : mettez votre main sur votre gorge, vous sentirez vibrer. /θ/ : rien.
-
Entraînez-vous avec des paires minimales :
- Think vs Sink
- Thank vs Sank
- Then vs Zen
- Thick vs Sick
- Thirty vs Dirty (vrai piège)
-
Ressources pratiques :
- Vidéos YouTube sur la position de langue
- Miroir devant vous pour voir votre langue
- Application type « Speech Modulation » qui vous corrige en temps réel
La distinction entre voyelles longues et courtes
En anglais, la durée d’une voyelle change le sens d’un mot entièrement. C’est un aspect souvent négligé par les francophones, car le français fait peu cette distinction.
Paires critiques :
| Mot court | Prononciation | Mot long | Prononciation | Sens |
|---|---|---|---|---|
| Ship | /ʃɪp/ | Sheep | /ʃiːp/ | Bateau vs mouton |
| Bit | /bɪt/ | Beat | /biːt/ | Morceau vs frapper |
| Sit | /sɪt/ | Seat | /siːt/ | S’asseoir vs siège |
| Cut | /kʌt/ | Coot | /kuːt/ | Couper vs foulque |
| Bad | /bæd/ | Bard | /bɑːd/ | Mauvais vs poète |
La différence ? La voyelle longue dure deux fois plus que la courte. En français, vous diriez naturellement « shi » pour les deux. En anglais, c’est crucial.
Comment travailler :
- Écoutez des exemples audio et répétez à voix haute
- Utilisez des dictionnaires phonétiques en ligne (pronunciationguide.com, ou tout simplement YouTube)
- Pratiquez avec des phrases contextuelles : « The sheep on the ship » (met les deux côte à côte)
- Enregistrez-vous et comparez votre prononciation à un natif
Apprendre à entendre et produire ces différences vous aidera à mieux parler, mais aussi à mieux comprendre les natifs. Vous vous apercevrez que vous aviez mal compris certains mots simplement parce que la voyelle était longue.
Les consonnes finales prononcées (piège français courant)
En français, de nombreuses consonnes finales sont muettes : vous dites « pou » pour « pour », « fé » pour « fé » (félicité). En anglais, elles sont presque toujours prononcées, et leur omission crée des malentendus.
Exemples troublants :
- Walk → prononcé /wɔːk/ (le k se dit) vs Woke /wəʊk/ (complètement différent)
- Dog → /dɒɡ/ (le g se dit clairement) vs Doge (un mème internet !)
- Have → /hæv/ (le v se dit) vs Haze /heɪz/ (tout autre sens)
- Lived → /lɪvd/ (d + ed, deux consonnes finales)
Conseils pratiques :
- Pratiquez avec des mots en isolation, puis en contexte de phrases
- Enregistrez-vous lentement en prononçant chaque consonne finale clairement
- Utilisez des applications de reconnaissance vocale (Google Translate, Speechling) — elles vous corrigent si vous omettez une consonne
- Lisez à voix haute des textes anglais. Marquez les consonnes finales avec un crayon pour les voir
Avec une pratique régulière, cette habitude devient automatique. Après quelques semaines, vous sentirez que c’est plus naturel de prononcer ces finales.
Les diphtongues : ces sons glissants
Les diphtongues sont des sons composés de deux voyelles qui glissent l’une vers l’autre. Exemple : go /gəʊ/, face /feɪs/.
La tendance des francophones est de les prononcer comme une seule voyelle simple. « Go » devient « go » court. En réalité, c’est un glissement fluide vers une autre voyelle.
Diphtongues fréquentes :
- /eɪ/ → face, make, say, day
- /aɪ/ → like, my, try, sky
- /ɔɪ/ → boy, voice, choice
- /aʊ/ → how, now, out, cow
- /əʊ/ → go, so, show, know
- /ɪə/ → here, ear, near, clear
- /eə/ → care, fair, hair, where
Technique de travail :
- Pratiquez lentement en exagérant les deux sons constituants. « Go » = « guh-oh » (exagéré) → puis « gohhh » (naturel).
- Utilisez des chansons anglaises pour repérer les diphtongues naturellement (c’est plus amusant que des exercices)
- Faites du « shadowing » : regardez une vidéo/série, mettez en pause, répétez exactement comme l’acteur
Les diphtongues donnent un rythme et une fluidité naturelle à l’anglais. Bien les maîtriser améliore spectaculairement votre prononciation globale.
Stratégies complètes pour travailler les sons difficiles
Voici un plan d’action structuré pour améliorer vos compétences phonétiques :
Phase 1 : Évaluation initiale (1 semaine)
- Écoutez des vidéos (YouTube, BBC Learning English) et identifiez les sons qui vous causent du mal
- Enregistrez-vous parlant une phrase contenant ces sons
- Comparez à un natif — écoutez les différences
Phase 2 : Écoute active ciblée (2-3 semaines)
- Regardez des vidéos éducatives sur les sons spécifiques
- Écoutez des séries en VO, marquez les moments où vous entendez LE SON difficile
- Répétez à voix haute chaque fois que vous l’entendez (« shadowing »)
Phase 3 : Répétition espacée (4-6 semaines)
- Pratiquez 15 min chaque jour des sons ciblés
- Utilisez des paires minimales pour affiner votre distinction
- Enregistrez-vous régulièrement et comparez
Phase 4 : Coaching linguistique (optionnel mais efficace)
- Travaillez avec un professeur expérimenté (au centre Wizaide ou en ligne)
- Obtenez des retours en direct sur votre position de langue, votre rythme, votre intonation
- Pratiquez avec des natifs (conversations sur Tandem, italki, ou groupes locaux)
Ressources complémentaires pour progresser en prononciation
Pour perfectionner votre prononciation anglaise avec les ressources Wizaide :
- Cours d’anglais à Marrakech : nos cours incluent une correction phonétique systématique. Au centre Wizaide, c’est une partie intégrante de chaque session, pas une option.
- Cours en ligne : si vous êtes loin de Marrakech, nos cours en ligne offrent le même coaching phonétique
- Évitez les 10 erreurs courantes : lisez notre article sur les erreurs qui ralentissent votre progression
- Pratiquez quotidiennement avec des micro-leçons : notre guide des micro-leçons montre comment 5-10 min par jour de prononciation transforment votre accent
- Checklist complète : consultez notre checklist pour progresser vite — la prononciation y figure en priorité
Intégrer la prononciation dans votre routine quotidienne
La prononciation ne doit pas être isolée du reste de votre apprentissage. Intégrez-la partout :
- En écoutant des podcasts : écoutez-vous, notez les sons difficiles, revisitez-les
- En regardant des séries : utilisez les sous-titres en anglais, écoutez attentivement, imitez
- En parlant seul : lisez un texte à voix haute, enregistrez-vous, comparez
- En conversation réelle : participez à des groupes de conversation (nous en organisons au centre Wizaide), demandez des corrections
- En chantant : les chansons anglaises sont la meilleure ressource gratuite pour la prononciation naturelle
Pour aller plus loin
Pour creuser le sujet, voir aussi email professionnel en anglais : structure, formules et exemples et comment progresser en anglais rapidement : Guide complet 2026 | Wizaide. Pour un accompagnement structuré, découvrez nos cours d’anglais au centre à Guéliz.
En résumé
- « TH » est le son clé à maîtriser | Entre les dents, pas contre ; c’est le changement majeur
- Voyelles longues vs courtes = sens différent | Pas optionnel ; critique pour la compréhension
- Consonnes finales toujours prononcées en anglais | Contrairement au français
- Diphtongues = glissement de deux voyelles | Pratique lente, puis en musique
- 15 min chaque jour de prononciation consciente | Bat 2h par semaine passifs
- Ressources éducatives + conversation réelle = progrès garantis | Vidéo seule plafo après quelques semaines
Questions fréquentes
Les réponses qu'on donne le plus souvent au centre.
Faut-il déjà avoir des bases pour suivre des cours d'anglais ?
Non. Nos groupes sont constitués par niveau (débutant à avancé) et chacun progresse à son rythme. L'objectif est qu'on parte de là où vous en êtes, pas d'un standard.
Comment garder sa motivation sur la durée ?
En liant l'anglais à un usage concret (voyage, métier, série, jeu) et en se fixant des objectifs courts, mesurables. Au centre, on fait régulièrement le point — c'est ce qui évite l'effet "plateau" qui tue la motivation.
Est-ce que l'anglais professionnel demande une approche différente ?
Oui. Le vocabulaire, les codes, le ton sont spécifiques (réunions, emails, négociation). On travaille à partir de cas concrets liés à votre métier, pas avec des manuels génériques.