Vous travaillez votre grammaire, vous apprenez du vocabulaire, vous regardez des séries en VO… et pourtant, quelque chose sonne toujours un peu « bizarre » quand vous parlez anglais. Souvent, le problème ne vient plus de la langue elle‑même, mais d’un autre facteur très important : les erreurs culturelles.
En effet, même avec un bon niveau d’anglais, un mot ou une phrase peut sembler trop directe, trop familière ou au contraire trop distante aux oreilles d’un anglophone. Ces décalages viennent de différences profondes entre la culture francophone et la culture des pays anglophones (États‑Unis, Royaume‑Uni, Canada, Australie, etc.).
Dans cet article, nous allons voir 10 erreurs culturelles en anglais que les francophones font très souvent, et surtout comment les éviter. Vous verrez également des exemples concrets et des formulations alternatives pour parler un anglais plus naturel, plus poli et plus sûr.
Si vous souhaitez d’autres conseils pour progresser, vous pouvez aussi explorer nos articles sur la catégorie Apprendre l’anglais ou parcourir l’ensemble de notre blog.
1. Croire que l’anglais se limite à la traduction mot à mot
La première erreur culturelle est de penser que l’anglais n’est qu’une version « traduite » du français. Pourtant, chaque langue a ses codes, implicites et références culturelles. Une traduction littérale qui semble logique en français peut paraître froide, agressive ou simplement incompréhensible en anglais.
Par exemple, beaucoup de francophones traduisent « Je te dérange ? » par « Am I disturbing you? ». Or, en anglais, cette phrase peut sembler trop intense, comme si vous faisiez vraiment quelque chose de très inapproprié. Une formulation plus naturelle serait :
- Am I bothering you?
- Is this a good time?
- Do you have a minute?
De même, traduire « Bon appétit » par « Good appetite » ne fonctionne pas, car cette expression n’existe pas vraiment en anglais. Les anglophones diront plutôt :
- Enjoy your meal.
- Enjoy. (plus informel)
Pour éviter cette erreur, il est utile d’:
- Observer les formulations réelles dans les films, séries, podcasts.
- Rechercher des expressions complètes (chunks) plutôt que des mots isolés.
- Accepter que parfois, il n’existe pas d’équivalent direct et qu’il faut changer de perspective.
2. Sous‑estimer l’importance du « small talk »
Dans la culture francophone, aller droit au but est souvent perçu comme un gain de temps et une marque d’efficacité. Cependant, dans la plupart des cultures anglophones, le small talk (les petites conversations légères) joue un rôle essentiel pour créer du lien, détendre l’atmosphère et montrer sa bienveillance.
Ignorer totalement le small talk peut donner l’impression que vous êtes :
- froid ou distante ;
- pressé ou impoli ;
- peu intéressé par la personne en face de vous.
Quelques exemples de small talk typiques :
- Hi, how’s it going?
- How’s your day so far?
- How was your weekend?
- Nice weather today, isn’t it?
L’erreur courante : répondre par un simple « Fine » et enchaîner tout de suite sur le sujet sérieux. Pour paraître plus naturel, vous pouvez :
- Donner une réponse un peu plus développée :
“Pretty good, thanks. I’ve been busy with work, but it’s been a good day. How about you?” - Poser une question en retour : c’est un réflexe culturel important en anglais.
En résumé, même si cela vous semble superficiel, le small talk est un code social à respecter dans le monde anglophone, surtout dans le milieu professionnel ou lors de rencontres informelles.
3. Utiliser « I want » et « I need » de façon trop directe
En français, dire « Je veux… » ou « J’ai besoin de… » n’est pas toujours perçu comme impoli, surtout selon le ton et le contexte. Cependant, en anglais, “I want…” et “I need…” peuvent paraître brutaux ou exigeants, surtout avec des inconnus, des collègues ou dans des emails.
Par exemple, au café :
- À éviter : “I want a coffee.”
- Plus naturel : “Could I get a coffee, please?” ou “I’d like a coffee, please.”
En contexte professionnel :
- À éviter : “I need this report by tomorrow.”
- Plus poli : “Could you please send me this report by tomorrow?”
- Encore plus nuancé : “It would be great if you could send me this report by tomorrow.”
Pour être plus policé et diplomate, les anglophones utilisent souvent :
- could : “Could you…?”
- would : “Would you mind…?”
- des tournures indirectes : “I was wondering if you could…”
Cela ne signifie pas que vous devez être excessivement formel en permanence, mais qu’il est culturellement mieux vu de tempérer ses demandes, surtout par écrit.
4. Mal gérer le « How are you? » et les salutations
Une autre des erreurs culturelles en anglais les plus fréquentes concerne la façon de répondre à “How are you?”. En français, nous avons tendance à être assez honnêtes : « Bof, je suis fatigué », « Ça ne va pas trop en ce moment », etc. En revanche, dans de nombreux pays anglophones, cette question est souvent un rituel social plutôt qu’une vraie enquête sur votre état émotionnel.
Dans un contexte professionnel ou avec des connaissances, on attend plutôt une réponse positive ou neutre :
- “I’m good, thanks. And you?”
- “Pretty good, thanks for asking. How about you?”
- “Not too bad, thanks. And you?”
Partager des problèmes personnels en détail à cette occasion peut mettre l’autre personne mal à l’aise, surtout si elle ne vous connaît pas bien. Cela ne veut pas dire qu’on ne parle jamais de ses difficultés en anglais, mais plutôt que :
- le “How are you?” de début d’échange reste léger ;
- les sujets plus personnels arrivent plus tard, dans un contexte approprié.
De plus, faites attention à l’intonation et aux formules de salutations :
- “Hi” ou “Hey” : informel, pour les amis et collègues proches.
- “Hello” : neutre, adapté à presque toutes les situations.
- “Good morning / afternoon / evening” : plus formel ou professionnel.
Enfin, évitez d’utiliser “Dear” à l’oral (comme on dirait « cher » ou « chère » en français). En anglais moderne, “Dear” est réservé aux emails, aux lettres ou aux relations sentimentales (par exemple “my dear”).
5. Mal interpréter l’humour et le second degré
L’humour fait pleinement partie de la culture, et donc des erreurs culturelles en anglais les plus subtiles. Les francophones peuvent être déstabilisés par :
- le sarcasme britannique, souvent très sec ;
- l’auto‑dérision très fréquente dans les pays anglophones ;
- le fait que l’on plaisante parfois sur des sujets sérieux pour détendre l’atmosphère.
Par exemple, un collègue anglais qui dit :
- “Well, that meeting was fun…” avec un ton ironique, veut sans doute dire l’inverse.
Si vous prenez tout au premier degré, vous risquez :
- de ne pas saisir les sous‑entendus ;
- de répondre de façon inappropriée ;
- d’avoir l’air rigide ou de mauvaise humeur.
Inversement, certaines blagues qui passent en français peuvent être très mal perçues en anglais, notamment :
- les blagues sur le physique, l’âge, le poids ;
- les blagues stéréotypées sur les nationalités, religions, genres ;
- les blagues très « noires » ou cyniques, surtout avec des inconnus.
Quand vous n’êtes pas sûr :
- observez d’abord comment les autres plaisantent entre eux ;
- préférez l’auto‑dérision (se moquer gentiment de soi‑même) ;
- utilisez des expressions comme “Just kidding” ou “I’m only joking” pour lever les ambiguïtés.
6. Être trop direct… ou pas assez
Les francophones ont souvent la réputation d’être plus directs que les anglophones, surtout quand il s’agit de critique ou de désaccord. Par exemple :
- “You’re wrong.”
- “This is not good.”
- “I don’t like it.”
Ces phrases sont grammaticalement correctes, mais culturellement très dures dans un contexte professionnel anglo‑saxon. On préférera des formulations plus nuancées :
- “I’m not sure I agree.”
- “I see your point, but…”
- “Maybe we could try a different approach.”
- “I’m not a big fan of this option.”
À l’inverse, certains francophones, par peur d’être impolis, deviennent trop indirects et n’osent plus rien dire clairement. Cela peut créer d’autres malentendus : on vous trouvera flou, peu fiable ou peu sûr de vous.
L’enjeu est donc de trouver un équilibre :
- être honnête, mais avec des formes polies ;
- exprimer son avis, mais en reconnaissant celui des autres ;
- utiliser des tournures comme “maybe”, “might”, “a bit” pour adoucir sans tout effacer.
Par exemple :
- “This design is bad.” → “This design is a bit confusing. Maybe we could simplify it?”
- “Your explanation is wrong.” → “I think there might be a mistake in the explanation here.”
7. Traduire les formules de politesse françaises au lieu d’utiliser celles de l’anglais
Autre point clé parmi les erreurs culturelles en anglais : les formules de politesse. Beaucoup de francophones essaient de traduire « cordialement », « bien à vous », « je vous prie d’agréer… » directement en anglais. Résultat : des emails trop formels, voire un peu étranges.
Voici quelques équivalents naturels pour les emails :
- Pour commencer un email :
- “Hi John,” (informel / professionnel courant)
- “Hello Sarah,” (neutre)
- “Dear Mr Smith,” (plus formel)
- Pour terminer un email :
- “Best regards,”
- “Best,” (très courant)
- “Kind regards,” (professionnel poli)
- “Sincerely,” (formel)
En revanche, éviter :
- “Cordially” (rare et un peu daté en anglais moderne) ;
- “Please receive my distinguished salutations” (traduction maladroite d’une formule française).
De même, dans le corps de l’email, on utilisera plutôt :
- “Thank you in advance for your help.”
- “I appreciate your time.”
- “Please let me know if you have any questions.”
C’est en vous exposant régulièrement à des emails authentiques en anglais que vous développerez un sens naturel du ton approprié selon le contexte.
8. Oublier que le « vous » et le « tu » n’existent pas en anglais
En français, la différence entre « tu » et « vous » structure fortement la relation : respect, hiérarchie, distance ou proximité. En anglais, il n’existe qu’un seul “you”. Cela peut sembler plus simple, mais cela demande en réalité d’autres stratégies culturelles pour marquer le respect ou la familiarité.
Pour rester poli ou montrer une certaine distance professionnelle, les anglophones vont jouer sur :
- le vocabulaire : “Could you please…”, “Would you mind…” ;
- le ton : “Hi John” vs “Dear Mr Smith” ;
- les structures : phrase plus longue, plus nuancée.
Par exemple, à un supérieur hiérarchique :
- “Dear Ms Johnson,
I was wondering if you could send me the latest version of the report.”
À un collègue proche :
- “Hey Alex,
Could you send me the latest version of the report when you have a minute?”
Ne cherchez donc pas un équivalent direct du « tu » et du « vous ». Au lieu de cela, adaptez :
- vos formules d’appel (Hi / Hello / Dear) ;
- le niveau de formalité du vocabulaire ;
- la longueur et la complexité des phrases.
9. Ne pas respecter la « bulle personnelle » et les codes non verbaux
La communication, ce n’est pas seulement les mots. Une partie des erreurs culturelles en anglais vient aussi du langage non verbal : gestes, distance physique, contact visuel, etc.
Dans beaucoup de pays anglophones, on accorde une grande importance à la personal space (distance personnelle). Par exemple :
- se tenir trop près peut sembler intrusif ;
- toucher le bras, l’épaule ou la main d’une personne qu’on connaît à peine peut être gênant ;
- les embrassades ou bises sont beaucoup moins fréquentes qu’en France, surtout au travail.
En milieu professionnel anglo‑saxon, on privilégie généralement :
- la poignée de main (ou parfois aucun contact physique, selon les cultures d’entreprise) ;
- une distance d’environ un bras entre les personnes ;
- un contact visuel régulier mais pas fixe, pour éviter de paraître agressif.
Il est donc important de :
- observer comment les locaux interagissent entre eux ;
- adapter votre gestuelle et votre distance en conséquence ;
- éviter de supposer que ce qui est « normal » en français l’est aussi en anglais.
Cela vous aidera à vous sentir plus à l’aise et à mettre aussi les autres à l’aise.
10. Mal gérer les compliments, les excuses et la gratitude
Les anglophones ont tendance à utiliser plus fréquemment certaines expressions liées à la politesse, aux excuses et aux compliments. Ne pas les utiliser (ou au contraire les utiliser mal) peut créer des malentendus culturels.
Les compliments
Si quelqu’un vous dit :
- “I love your presentation.”
- “Your English is really good.”
- “That’s a great idea.”
L’erreur typiquement francophone est de minimiser ou de rejeter le compliment :
- “No, it was terrible.”
- “My English is bad.”
- “It’s nothing.”
En anglais, il est mieux vu d’accepter simplement le compliment :
- “Thank you, that’s very kind of you.”
- “Thanks, I appreciate it.”
Les excuses
Les anglophones utilisent beaucoup “sorry”, parfois même pour de petites choses. Ne pas s’excuser du tout peut paraître rude. En revanche, s’excuser trop peut sembler manquer de confiance.
Quelques usages naturels :
- “Sorry I’m late.”
- “Sorry, could you say that again?”
- “I’m sorry for the confusion.”
Après s’être excusé, il est fréquent d’ajouter une proposition de solution :
- “I’m sorry I missed your call. I’ll get back to you this afternoon.”
La gratitude
De même, les “thank you” sont omniprésents en anglais. Oublier de remercier peut être perçu comme un manque de reconnaissance.
- “Thank you for your help.”
- “Thanks for your time.”
- “Thanks a lot, I really appreciate it.”
En adoptant ces petits réflexes, vous vous rapprochez du comportement naturel d’un anglophone, au‑delà de la simple correction grammaticale.
11. Ignorer les différences entre cultures anglophones
Enfin, une grande erreur culturelle en anglais consiste à croire qu’il existe une seule culture anglophone. En réalité, parler anglais au Royaume‑Uni, aux États‑Unis, au Canada, en Irlande ou en Australie peut impliquer des codes sociaux très différents.
Voici quelques différences typiques :
- Humour : le humour britannique est souvent plus sec et ironique ; l’humour américain est généralement plus explicite.
- Politesse : certaines formules sont plus utilisées au Royaume‑Uni (“Cheers” pour remercier, par exemple) qu’aux États‑Unis.
- Rapport au travail : la hiérarchie, le tutoiement implicite et les codes du bureau ne sont pas les mêmes partout.
- Vocabulaire : “flat” (UK) vs “apartment” (US), “holiday” (UK) vs “vacation” (US), etc.
Par conséquent, il est utile de :
- vous demander à qui vous parlez (Britanniques, Américains, Canadiens, etc.) ;
- adapter légèrement votre vocabulaire et votre ton ;
- observer les réactions et, si besoin, demander poliment : “Is this how you would say it?” ou “Does this sound natural to you?”.
Cette sensibilité aux différences régionales fait partie intégrante d’un anglais vraiment avancé.
Comment éviter ces erreurs culturelles en anglais au quotidien ?
Maintenant que vous connaissez les principales erreurs culturelles en anglais, comment pouvez‑vous les éviter concrètement dans votre pratique de tous les jours ? Voici quelques pistes simples à mettre en place.
- Multiplier l’exposition à l’anglais authentique
- Regardez des séries et films en VO avec sous‑titres anglais, en prêtant attention aux expressions toutes faites, pas seulement au vocabulaire.
- Écoutez des podcasts, interviews, talks TED pour entendre comment les natifs formulent leurs idées.
- Imiter les « chunks » (morceaux de phrases)
- Notez des expressions complètes : “I was wondering if…”, “Could you please…”, “That’s a good point, but…”.
- Réutilisez‑les telles quelles dans vos conversations ou emails.
- Demander un feedback culturel, pas seulement linguistique
- Si vous avez des amis ou collègues anglophones, posez‑leur la question : “Does this sound polite to you?”
- Acceptez les corrections non pas comme des critiques, mais comme des clés précieuses pour progresser.
- Observer les réactions non verbales
- Si votre interlocuteur semble surpris, gêné ou silencieux, demandez poliment : “Did that sound okay?” ou “I’m still learning, so please tell me if I say anything strange.”
- Lire des ressources spécialisées
- Consultez régulièrement des articles dédiés à l’anglais naturel, à la communication professionnelle, etc.
- Par exemple, explorez la catégorie Apprendre l’anglais de notre site ou parcourez tout le blog pour plus de conseils pratiques.
En intégrant progressivement ces stratégies, vous développerez non seulement un meilleur niveau d’anglais, mais aussi une véritable compétence interculturelle, très appréciée dans les études, les voyages et le monde professionnel.
Conclusion : parler un anglais correct ne suffit plus
Vous l’avez vu, les erreurs culturelles en anglais ne concernent pas seulement la grammaire ou le vocabulaire. Elles touchent à la façon dont on :
- salue et prend des nouvelles des autres ;
- fait des demandes, donne son avis ou critique ;
- utilise l’humour, les excuses, les compliments ;
- se tient, se regarde, se touche (ou pas) ;
- s’adapte à différentes cultures anglophones.
La bonne nouvelle, c’est que ces compétences se travaillent, exactement comme la grammaire ou la prononciation. En observant les natifs, en imitant leurs formulations et en restant curieux de leurs codes, vous pouvez progressivement :
- paraître plus naturel en anglais ;
- éviter les malentendus ou les malaises involontaires ;
- gagner en confiance à l’oral comme à l’écrit.
Souvenez‑vous : parler une langue, c’est aussi adopter une partie de la culture qui va avec. En prenant en compte ces 10 erreurs culturelles à éviter, vous faites un grand pas vers un anglais vraiment fluide, authentique et adapté aux situations réelles.
Pour continuer à progresser, n’hésitez pas à découvrir d’autres ressources dans notre catégorie dédiée à l’apprentissage : Apprendre l’anglais, ainsi que sur l’ensemble de notre blog. Vous y trouverez de nombreux conseils pour améliorer votre vocabulaire, votre prononciation et votre aisance à l’oral… toujours avec la culture en tête.
